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A&D SERIES 5: COSMOPOLITAN LIVING - GLENN SESTIG
D’une certaine manière, oui. Car les aménagements d’intérieur qu’il a, pour l’essentiel, réalisés à ce jour, ont au moins deux points communs. Le plus important, celui qui confère une épine dorsale à tous ses projets, est la rigueur. La ligne architecturale, les proportions, le travail sur la perspective, le rapport des surfaces, sont construits avec une maîtrise qui semble faire oublier la réflexion qui les a précédés. Cette rigueur permet à Glenn Sestig de composer l’essentiel, sur lequel vient se greffer la personnalité de chaque réalisation.À cet égard, il est notable de remarquer que ces dix premières années ont aussi démontré la grande capacité d’adaptation de cet architecte à la demande du client, de la maison urbaine rénovée par ses propriétaires esthètes, à la transformation d’une ancienne banque aux volumes spectaculaires en temple de la mode. L’essentiel étant acquis, Glenn Sestig opère avec merveille dans un autre registre qui lui est propre : la sophistication. Celle-ci compte plusieurs aspects. Le plus évident, apparent, se situe dans le choix très exclusif de mobiliers et d’objets dont certains sont davantage apparentés à des œuvres d’art. Le deuxième relève du choix des matériaux et de leur adaptation à un lieu sans idée préconçue. Utiliser le tadelakt marocain pour habiller les voûtes d’un club privé, installé dans un bâtiment d’époque, comme Molotov, constitue un exemple parmi d’autres. On ne peut dissocier ce travail sur les matériaux de celui sur les couleurs et les lumières, car celles-ci font partie intégrante de la matière donnée à la plupart de ces volumes. Mais, et c’est sans doute ce qui tient le plus à cœur Glenn Sestig, la sophistication repose aussi sur une vision cosmopolite de l’univers dans lequel chacun peut évoluer. Hollywood, l’Amérique latine, la Chine ou le Japon, l’Afrique… entrent tour à tour dans ses projets, sous la forme de référence à un tissage, de l’atmosphère imaginaire d’un salon de tango, du boudoir glamour d’une star des années trente…Qu’on ne s’y méprenne pas, ces références ne sont jamais évidentes ou convenues. Elles sont distillées avec un art consommé du propos, qu’on pourrait appeler sensualité. Le langage et le style de Glenn Sestig existent donc bel et bien. Ils se retrouvent aujourd’hui diffusés à une plus grande échelle, à travers ses premiers mobiliers, objets, et surtout, éclairages, comme c’est le cas de la lampe Regard, produite et diffusée par Kreon, qui connaît un succès international dans l’univers de la mode. Un nouveau classique est assurément né, basé, comme l’ensemble de ces premières œuvres, sur la rigueur de la ligne et la sophistication de l’objet. |
